vendredi 15 mai 2026

Prévision estivale 2026

Forcé d'admettre que depuis un an, soit lors des 4 saisons depuis l'été dernier, les prévisions saisonnières que j'ai publiées se sont avérées particulièrement justes: un été normal et agréable (ni frais, ni pluvieux), un automne magnifique, un hiver froid ou neigeux et une impression à la fin mai d'avoir connu un printemps plutôt moche (citation sur les ondes de Cime Fm). Il s'agit de relire les dernières publications de ce blogue ou encore de réécouter l'aperçu du printemps dans la section Médias/Radio de Météo Laurentides pour s'en souvenir. Or, de grandes perturbations océaniques et atmosphériques se mettent en place de sorte que la prévision estivale 2026 s'annonce hautement plus incertaine.

En effet, le phénomène El-Nino sera de retour cet été pour se poursuivre cet automne et possiblement l'hiver prochain. Nous en entendrons certainement beaucoup parler au cours des prochains mois, car de plus en plus de données pointent vers un épisode majeur au potentiel historique. Le temps que prendra ce phénomène océanique à se mettre en branle ainsi que la rapidité avec laquelle son intensité interagira avec l'atmosphère planétaire auront un fort impact sur les prochains mois. Ainsi, mieux vaut ne rien gager sur la chose ou planifier vos vacances en fonction de cela, car les modèles saisonniers ne s'entendent pas beaucoup non plus.

De manière générale, la mise en place d'un épisode El-Nino en été tend à nous amener une anomalie de pression négative, un influx d'air un peu plus nordique et des précipitations près ou au-dessus de la normale. Cela commence à se refléter légèrement sur les modèles saisonniers de sorte que je crois qu'il faut s'attendre à un été un peu décevant. Des conditions plus nuageuses, fraîches et pluvieuses que la normale seraient donc au rendez-vous de vos BBQ.

De manière plus précise, en contexte estival, cela ne veut pas dire des semaines complètes sans soleil, mais un plus grand nombre de systèmes qui apporteraient des journées complètes sous la pluie, oui, ou des averses plus fréquentes pouvant compliquer les travaux de peinture ou de teinture. Par contre, le penchant positif de la chose est un risque plus faible de longues canicules, de feux de forêt et de temps violent lors d'épisodes orageux qui pourraient quand même être assez réguliers avec la présence d'air froid en altitude causée par un écoulement d'air en provenance du nord-ouest comme préalablement mentionné.

L'Enfant Jésus (surnom espagnol donné au phénomène El-Nino) réserve toujours des surprises de sorte qu'il n'est pas vain de commencer à prier ou à mettre votre chapelet sur la corde à linge si vous vous mariez cet été afin que cette prévision un peu moche ne se réalise pas du tout cette fois. J'en serais le premier très heureux.

Bon été!


lundi 16 mars 2026

La météo expliquée: Grésil et pluie verglaçante. Solide ou liquide?

 

On le sait tous. Pelleter 15 centimètres de neige mouillée est pas mal plus éreintant que 15 centimètres de neige poudreuse. Pourquoi? Parce que 15 centimètres de neige mouillée contiennent l'équivalent approximatif de 30 millimètres d'eau en réalité tandis que 15 centimètres de poudreuse ne contiennent que 5 à 8 millimètres. La chose est assez bien connue de la plupart des gens. Ce que plusieurs ignorent, c'est qu'on peut également distinguer différents types de grésil et de verglas aux impacts, comme la neige, très distinctifs. Dans ce nouvel article de la météo expliquée, je me propose de vous présenter les différentes densités de grésil et de verglas ainsi que leurs comportements une fois au sol.

Dans un article précédent, il avait été question de la formation des différents types de précipitations les plus connus: Neige, grésil, pluie verglaçante et pluie. Avant d'aller plus loin, il pourrait être intéressant de lire l'article ou encore de prendre connaissance de cette illustration.


Or, pour le présent article, nous allons uniquement nous attarder aux sections qui concernent le grésil et la pluie verglaçante.

Grésil (1 et 2)



Au-dessus de la zone 1, on remarquera que la couche d'air froid (bleue) est plus épaisse, plus dense, que vis à vis la zone 2. Ainsi, on imagine assez bien que la gouttelette qui traversera cette zone  aura pleinement le temps de geler. La résultante est que le grésil sera totalement granulaire et rebondira au sol pour s'accumuler comme la neige, mais à la manière du gros sel. Dans les faits, ce genre de grésil est honnêtement assez inoffensif outre les inconvénients habituels qu'on peut associer à la neige.

Là où les choses deviennent plus intéressantes, c'est dans la zone 2. À cet endroit, l'air chaud (en jaune) occupe davantage d'espace. À l'inverse, la couche d'air froid, elle, s'amincit. Bien qu'on parle toujours officiellement de grésil (particules de glace), celui-ci sera bien différent et ses conséquences seront plus marquées. En effet, ce qui se produit dans cette zone est que la goutte de pluie amorce sa congélation, mais n'a pas le temps de geler au complet. Comme la goutte commence à geler de l'extérieur vers l'intérieur, on se retrouve, comme un bonbon au centre mou, avec une particule de grésil partiellement gelée avec un centre liquide.


Au moment de toucher le sol, ce type de grésil n'aura pas tendance à rebondir, mais plutôt à éclater ou encore se compresser libérant du coup l'eau qu'il contient. On devine alors que l'eau gèlera au contact des objets, exactement comme du verglas. Solide ou liquide?

Or, les modèles météo ne font pas la distinction entre ces deux situations tout comme ils ne donnent généralement pas l'accumulation de neige au sol, mais combien de neige en équivalent eau s'échappera des nuages. C'est au météorologue de déterminer si la neige sera sèche ou humide et si elle aura tendance à être poudreuse ou à se compacter. Si cette tâche s'avère assez simple dans les faits et que des algorithmes et techniques existent pour estimer la chose (parfois avec succès et parfois moins), cela n'est pas le cas en ce qui concerne le grésil. Non seulement les modèles parleront uniquement de grésil, ils auront de la difficulté à bien identifier le type de précipitations à la frontière entre le grésil et la neige ou le grésil et la pluie verglaçante. Pourquoi? Parce que contrairement aux illustrations précédentes, l'air chaud qui entre en contact avec l'air froid ne le fait pas de manière parfaitement droite ou linéaire. Cela n'a rien d'un beau triangle. En vérité, c'est plutôt chaotique et sous forme d'ondulations. Ainsi, en un endroit donné, on se retrouve avec suffisamment d'air froid pour que la goutte gèle complètement tandis que quelques kilomètres plus loin à peine, une légère protubérance de la couche d'air chaud fait en sorte que la goute n'a pas le temps de geler complètement et se comportera comme du verglas. Pourtant, dans les deux cas, on parlera de grésil.

Pluie verglaçante (3 et 4)


Si on se tourne cette fois vers la zone 3, on remarquera que la goutte atteint le sol sous forme liquide. Toutefois, l'air froid y est assez présent ou dense. Imaginons qu'il fait -10C, car oui, de la pluie verglaçante peut survenir à des températures aussi froides et davantage. On devine que la pluie aura rapidement tendance à geler au contact des objets. Rapidement, une trentaine de millimètres de pluie verglaçante pourrait former une couche de 1 centimètre ou plus sur les surfaces et les branches. On parlera d'un verglas très dense et impactant.

À l'inverse, si on se retrouve dans un scénario comme dans la zone 4 et qu'il ne fait que 0C ou -1C, la pluie verglaçante peinera à adhérer aux surfaces notamment aux arbres contrairement aux voitures car ces surfaces sont plus chaudes. Le même 30 mm de pluie verglaçante dans ces conditions aura beaucoup moins d'impact que s'il faisait -10C. On parlera alors d'un verglas poreux. De plus, comme la température au sol est l'une des composantes météorologiques qui varient le plus, un endroit exposé au vent, le fond d'une vallée ou le sommet d'une montagne peut voir des différences de plusieurs degrés. Ainsi, selon le type de précipitations et la température au sol, les conséquences seront très différentes entre chez vous et quelques dizaines de kilomètres plus loin. Comme la neige mouillée ou poudreuse qui influencera les accumulations réelles de neige au sol, c'est l'accrétion de verglas qui importe beaucoup plus que la quantité de pluie verglaçante qui s'échappe des nuages, et ça, c'est largement méconnu et galvauder dans bien des cas. Voilà pourquoi Météo Laurentides, sur sa carte d'accumulations ou de temps potentiellement dangereux, s'efforce généralement de transposer les quantités de pluie verglaçante en accrétion de verglas.

En conclusion, ce n'est objectivement pas simple de parfaitement prévoir les mélanges en météo. Chaque degré, voire chaque dixième de degré peut avoir son importance. Lorsque la colonne d'air est parfaitement au-dessous de zéro ou encore au-dessus, les choses sont simples. Il neige ou il pleut. Toutefois, lorsque 20 à 30 mm de précipitations tombent dans un environnement où le point de congélation est dépassé à quelque part dans la colonne d'air, tout, mais vraiment tout peut arriver. Jusqu'à un certain point, les modèles météo ne sont pas totalement inutiles, mais ils sont loin d'être parfaits et il en va de même pour les prévisions météo dans ces conditions.


mercredi 12 novembre 2025

Prévision hiver 2025-2026

 

Alors que le froid s’installe et que plusieurs secteurs enregistrent leurs premières accumulations importantes de neige, voici le temps de vous révéler ce que Météo Laurentides prévoit pour l’hiver à venir.

D’abord, certaines données indiquent que la dernière dizaine du mois de novembre qui marque la fin de l’automne météorologique pourrait voir les températures repasser au-dessus des normales avant un retour sous celles-ci pour commencer le mois de décembre. Dans ce contexte, des épisodes de pluie sont possibles durant cette période, mais la neige accumulée d’ici ce moment pourrait résister à cette dernière poussée de douceur si elle a bien lieu. En plusieurs endroits, il est fort possible que l’enneigement permanent soit bien commencé au point que la question à savoir si nous aurons un Noël blanc sera bien futile.

Sous l’influence d’un faible LaNina et d’un vortex polaire instable, Météo Laurentides anticipe un hiver froid et/ou neigeux. En effet, de manière générale, le Québec devrait se retrouver sur la trajectoire principale des systèmes ou un peu plus au nord. Il est donc difficile d’affirmer avec certitude si le temps froid ou les fortes accumulations de neige prévaudront, mais nous pourrions échapper aux fréquentes poussées de chaleurs qui ont souvent pour conséquence de faire fondre la neige et rendre le couvert de neige glacé. Ainsi, il est permis de s’attendre à une bonne qualité de neige et un couvert neigeux qui tend continuellement à se gonfler en cours d’hiver, car plusieurs données pointent vers des températures près ou légèrement sous la normale cet hiver avec des précipitations au-dessus de celles-ci. Si l’on pousse un peu plus l’analyse et qu’on se mouille légèrement, on pourrait affirmer que le mois de février risque d’être passablement rigoureux. Chose assez certaine, l’hiver 2025-2026 devrait être marqué par un plus grand nombre de vagues de froid et de tempêtes que par les années passées.

Comme à chaque fois, il faut se rappeler que les prévisions à très long terme comportent toujours une bonne marge d’erreur, mais à ce moment-ci, si vous aimez l’hiver, il est permis de rêver…

Bon hiver!

mardi 21 octobre 2025

La météo expliquée: Le vortex polaire


Dans un contexte de changements climatiques et d'hivers moins froids, son nom est plus rarement évoqué depuis quelques années. Toutefois, le vortex polaire reste un phénomène météorologique important qui influx sur notre météo hivernale et dans quelques cas emporte des vies. Mais qu'est-ce que le vortex polaire et comment influence-t-il nos conditions? Dans ce nouvel article de la météo expliquée, je me propose de démystifier ce phénomène et voir comment celui-ci pourrait influencer l'hiver à venir. 

Se formant en début d'automne au-dessus des pôles, comme son nom l'indique, le vortex polaire se caractérise par une masse d'air particulièrement plus froid accentuée par la baisse de luminosité et d'énergie solaire atteignant les pôles à cette période de l'année. Une manière simple et efficace de se représenter le vortex polaire est de s'imaginer une boule parfaitement bien formée de votre meilleure crème glacée sur un cornet. 

En situation stable, le vortex polaire se trouve bien ancré au-dessus des régions non populeuses du pôle nord retenu par un fort courant polaire. Un peu comme un cornet dans un congélateur avant de le servir ou un cornet qu'on déguste sans raison apparente autre que pour le plaisir en plein mois de janvier: rien ne s'échappe et la crème glacée reste bien en place.


Il arrive toutefois que la stratosphère se réchauffe et déstabilise le vortex polaire. Dans un tel cas, celui-ci laisse échapper de l'air froid de part et d'autre des latitudes polaires impactant légèrement les régions populeuses de l'Amérique du nord ou de l'Europe. C'est le même principe que de déguster un cornet sous une canicule au mois de juillet. La crème glacée fond et coule le long du cornet quand ce n'est pas carrément sur nos mains. Dans un tel cas, on s'imagine que la crème glacée liquide est moins froide que l'intérieur de la boule. On parlera alors de vague de froid dont la masse d'air est légèrement modifiée ou réchauffée. Ce n'est certes par agréable, mais généralement tolérable.

Malheureusement, il arrive que le vortex polaire soit fortement déstabilisé, perturbé par certain facteurs environnementaux (faible courant polaire ou fort réchauffement stratosphérique). Un peu comme une deuxième boule de crème glacée qui tombe en glissant sur la première, le cœur même de l'air froid (l'intérieur de la boule de crème glacée) peut basculer de part ou d'autre du cercle polaire ou se scinder en deux amenant une important vague de froid sur des secteurs généralement plus tempérés. C'est lors de ces épisodes que le froid sera le plus cinglant et que des gens en situation fragile perdront la vie faisant de cette anomalie un phénomène météorologique mortel.



Au moment, d'écrire cet article, certaines données dont la présence d'un faible La Nina dans l'Océan Pacifique suggèrent que le courant jet polaire pourrait être affaibli et laisser s'échapper davantage d'air froid du nord que par les années passées. À savoir si le vortex polaire sera fortement perturbé et si nous aurons un hiver hautement actif côté précipitations et neige ou encore du temps très froid, mais plus calme, il faudra attendre encore quelques semaines. 

lundi 15 septembre 2025

Prévision automnale 2025

 

Nous l'avons tous remarqué, l'automne météorologique généralement associé à la date du 1er septembre a débuté en lion avec une magnifique séquence de beau temps. Mais est-ce que ce beau se poursuivra tout l'automne? Voici quelques mots sur ce que nous réserve l'équinoxe d''automne 2025 qui s'étirera officiellement du 22 septembre au 20 décembre.

Bon nombre de données pointent vers une poursuite du beau temps. En effet, pour les mois de septembre, octobre et novembre, les modèles saisonniers prévoient majoritairement moins de précipitations que la normale et des températures légèrement au-dessus de celle-ci.

Il en résulte que nous devrions connaitre davantage de journées ensoleillées au cours de l'automne et des températures agréables. Bref, tout ce qu'il faut pour étirer un peu l'été et profiter pleinement de cette magnifique saison. S'il y a un point additionnel à apporter, c'est que le mercure pourrait nous sembler plus froid en début d'automne qu'en allant vers la fin de celui-ci. Quant au moment de l'arrivée des premières neiges et de l'hiver, encore beaucoup d'incertitude subsiste d'où la nécessité de profiter des prochains mois et d'attendre ce que ceux-ci produiront comme tableau pour l'hiver à venir...

Bonne saison automnale!

dimanche 4 mai 2025

Prévision estivale 2025

 

Certaines constantes en météo trompent un peu moins comme le fait que des épisodes La-Nina nous apportent généralement de bons hivers. Avec 352 cm reçu cet hiver à Ste-Agathe-des-Monts, l'épisode La-Nina qui s'achève place l'hiver 2024-2025 dans les 4 ou 5 plus neigeux des 25 dernières années même si au sol, l'accumulation maximale de neige n'a pas beaucoup dépassé les 115 cm. Alors que le beau temps s'installe définitivement, voici le moment de vous dévoiler à quoi l'on peut s'attendre pour la saison estivale à venir.

S'il y a quelque chose encore une fois d'assez certain, c'est qu'on ne devrait pas connaitre un été frais et pluvieux. Situées entre du temps plus humide au sud et plus sec en notre flanc ouest, les Laurentides devraient connaitre un été normal avec des précipitations près de la normale et des températures légèrement au-dessus de celle-ci selon les modèles saisonniers les plus performants. Évidemment, il est toujours très fréquent en été d'avoir du soleil, des nuages et des averses ou des orages dans une même journée. En ce sens, pas de grande tendance semble se dessiner pour le moment. Nous pourrions connaitre une activité orageuse normale comportant son lot habituel de journées orageuses et de conditions violentes.

Étant à un mois du début de l'été météorologique au moment d'écrire ces lignes, une petite mise à jour pourrait s'imposer avant l'été avec l'arrivée de nouvelles données et la possibilité de regarder chaque mois individuellement afin d'aller un peu plus dans les détails...

Bon été!

samedi 16 novembre 2024

Prévision hivernale 2024-2025

Déjà la mi-novembre! Bien qu'on s'en rende compte par la luminosité, le temps froid et la neige, comme signes avant coureur de l'hiver, tardent un peu à s'amener. Signe ou pas d'une tendance pour l'hiver à venir? Voici le temps de vous présenter ce que Météo Laurentides anticipe pour l'hiver 2024-2025.

Lorsqu'on prépare une prévision saisonnière, on s'attarde beaucoup à ce qu'on appelle les années analogues ainsi que les prévisions climatiques des différents modèles. Par années analogues, il est entendu ce qui se produit généralement avec telle ou telle configuration météorologique ou climatique. Et puis, les modèles viennent confirmer ou infirmer nos hypothèses. Lorsque les deux sont en concordance, on se dit que notre prévision risque de se vérifier assez bien. Lorsque la concordance est moins évidente ou encore que les années analogues deviennent de moins bonnes références en raison des changements climatiques, on s'arrache les cheveux de la tête et l'on se dit que notre prévision revient à jouer à pile ou face. Et bien, c'est un peu ce qui se produit actuellement.

En effet, la présence d'un faible La-Nina dans le Pacifique Est est généralement annonciateur d'un hiver neigeux. La disponibilité d'air arctique sur le centre-nord du continent, rendue possible par l'instabilité du vortex polaire, permet habituellement à de nombreux systèmes de nous apporter surtout de la neige et des températures quand même au-dessus des normales causées par une prédominance de temps nuageux. Lorsque des vagues de froid surviennent, elles sont assez courtes et elles ne font que maintenir la qualité de notre couvert neigeux avant l'arrivée d'un autre système. C'est principalement ce scénario qu'annonce la configuration météorologique qui prend actuellement place et ce que montrent les années analogues.

Malheureusement, la concordance entre les modèles climatiques est beaucoup moins claires. Alors que les modèles européens les plus fiables donnaient plus de neige que la normale le mois dernier, ils montrent moins de neige aujourd'hui en raison de températures, mais aussi des précipitations, au-dessus de la normale. Cela laisserait donc présager davantage de pluie et de mélanges pour un grand nombre de citoyens du Québec. À l'autre spectre des possibilités, les modèles américains nous prévoient des conditions plus sèches et plus froides que la normale. 

Cet ensemble de contradictions dans les signaux climatiques sont très difficiles à interpréter et requiert de grandes compétences en climatologie qui est une branche assez distincte de la météorologie courante. Il est possible, en arrondissant un peu les contours, que cette variation dans la prévision des modèles soit le reflet de la présence de froid au nord-ouest du Québec qui pourrait ou pas nous toucher de manière répétée ou encore que les systèmes qui viendront nous toucher soient juste un tantinet trop chauds pour nous amener uniquement de la neige. 

Au final, puisqu'il faut se «mouiller» et que le passé est garant de l'avenir, Météo Laurentides prévoit un hiver assurément moins doux et plus neigeux que l'année dernière. Les régions au nord du fleuve ont davantage de chances de connaitre des quantités de neige supérieures à la normale que les régions le long et au sud du fleuve. Cela est particulièrement vrai pour le sud de la province. Il faut également s'attendre à connaitre des épisodes de froid plus fréquents et plus prononcés que les dernières années même si les températures sur l'ensemble de l'hiver devraient être près ou légèrement au-dessus de la normale. Une autre chose à noter est que l'hiver devrait mettre du temps à s'installer. Les plus fortes accumulations et systèmes neigeux/tempêtes pourraient ne se pointer que vers le cœur de l'hiver soit en janvier ou février pour plusieurs d'entre nous.

Comme toujours, cela reste une prévision long terme à prendre avec un certain grain de sel. Il est donc préférable de ne pas prendre de décisions importantes basées sur celle-ci car, en réalité, même si ce scénario a davantage de chances de se réaliser qu'un autre, nous ne sommes pas loin d'un cas où tout se joue sur un coup de dé.

Bon hiver!


lundi 22 juillet 2024

Un cadeau du ciel

Il y a près de 12 ans, quand j'ai lancé ce blogue, mon souhait était de pouvoir écrire à la première personne du singulier afin de partager ma passion de la météo sous un angle plus personnel. Au fil du temps et des années, mes prévisions saisonnières ainsi que mes chroniques de la météo expliquée sont venues occuper un espace important de ce blogue délaissant légèrement l'idée de départ. Or, il arrive parfois des événements dans une vie qui nous forcent à regarder en arrière afin de mieux savoir et comprendre où nous allons. C'est justement en relisant mes premières publications qu'il m'est apparu pertinent de rédiger et de partager cet article.


Dans mon premier « post », intitulé la naissance d'une passion, je partageais l'importance que la météo occupe dans ma vie depuis mon jeune âge et comment depuis longtemps je caressais le rêve de devenir météorologue. J'expliquais aussi de quelle manière la création de Météo Laurentides m'avait permis de réaliser ce rêve en partie. Et bien, après 25 années à opérer Météo Laurentides, à développer davantage mes connaissances ainsi que mes compétences, comme un cadeau du ciel, ce rêve est officiellement devenu réalité au cours des dernières semaines.


En effet, après un an à titre de prévisionniste remplaçant, je me suis joint à temps plein à l'extraordinaire équipe de MétéoGlobale ce 1er juillet. MétéoGlobale œuvre dans le domaine de la viabilité hivernale, les routes, la voirie, les événements et les tournages. Réaliser des prévisions météorologiques pour la rentabilité d'autres entreprises et pour la sécurité des gens a quelque chose d'excessivement valorisant. C'est avec énormément d'enthousiasme et de gratitude face à ce cadeau de la vie que j'entreprends donc ce changement professionnel à l'aube de mes 50 ans.

Évidemment, il m'est difficile de passer sous silence mon passage de 25 ans en éducation. Cela a été un extraordinaire parcours ou détour devrais-je dire. Quand on sait que l'éducation occupe le 14e rang de l'espace médiatique et la météo le 3e, il n'est pas faux de dire que je quitte l'enseignement pour faire quelque chose qui intéresse véritablement les gens: la météo.

Chaque enseignant vous le dira, le travail s'est énormément complexifié avec les années et les besoins individuels des élèves en sont venus qu'à primer sur les besoins collectifs de telle sorte que les attentes des parents et du gouvernement sont humainement irréalistes dans bien des cas. Cela force un grand nombre d'enseignants à se questionner et parfois à quitter. Se sentir incapable de faire efficacement un travail pour lequel on a été formé n'a certes pas de quoi motiver. En fait, selon moi, c'est la politique de réussite pour tous du gouvernement, instaurée au cours des années 2000, qui fait fausse route en ajoutant une pression énorme sur le réseau et ses acteurs. Promettre la réussite pour tous est l'équivalent de promettre la vie éternelle ou encore la guérison absolue dans le domaine de la santé. En d'autres mots, c'est utopique. Cela est certainement louable et mérite qu'on s'y attarde ou travaille, mais la rapidité avec laquelle tout devient un bien de consommation dans la société d'aujourd'hui ainsi que la facilité avec laquelle les jeunes obtiennent tout ce qu'ils veulent font en sorte que l'effort n'est souvent pas au rendez-vous. Inévitablement, comme enseignant, nous participons à la formation d'une génération incapable de faire face aux véritables défis qu'impose la vraie vie.

Après la pluie vient le beau temps, on dit souvent en météo. Alors, j'ose espérer que le long terme nous réserve des conditions plus ensoleillées où l'éducation occupera une place plus importante dans la société que la météo.


vendredi 10 mai 2024

Prévision estivale 2024: De El-Nino à La-Nina

 

Après un été 2023 plutôt moche et un hiver qui aura laissé les amateurs de neige sur leur faim, que nous réserve l'été 2024? Voici le moment de vous partager les grandes lignes de ce à quoi nous pouvons nous attendre.

La dernière année a été marquée par le phénomène El-Nino. Historiquement, selon son intensité, celui-ci apporte des conditions plus instables et fraîches en été ainsi que des hivers plus doux et moins enneigés. Cette dernière année n'a donc pas fait exception comme nous avons pu le constater. Or, El-Nino est sur ses derniers miles et tout indique que nous nous dirigeons rapidement vers une phase La-Nina.

En effet, comme le montre l'image suivante, on voit poindre en vert une diminution des températures de surface dans la zone ciblée. 


Les modèles de prévision de l'ENSO sont aussi formels, l'été sera marqué par une transition de El-Nino à La-Nina. Il s'agit d'une bonne nouvelle puisque cela veut dire que nous devrions vivre une bonne partie de l'été sous le signe de conditions neutres impactant peu notre été et nous permettant possiblement de vivre des conditions estivales normales. Cela est également corroboré par les modèles saisonniers qui de leur côté prévoient des températures au-dessus des normales ainsi que des précipitations près des normales ou légèrement au-dessus de celles-ci. 

Ainsi, nous pouvons espérer cet été une plus juste part de soleil et de précipitations que l'année dernière. Les probabilités de connaître davantage de canicules sont présentes, sans toutefois parler de sécheresse. Ce qu'il faudra toutefois surveiller, c'est la possibilité que les orages que nous connaitrons soient davantage costauds et potentiellement violents en raison de la chaleur et de l'humidité davantage présentes.

Bon été !

vendredi 10 novembre 2023

Prévision hivernale 2023-2024

Après trois années d’influence La Nina, les derniers mois ont été marqués par un changement radical de la température des eaux du Pacifique de telle sorte que nous sommes basculés en El Nino et que celui-ci battra son plein lors de l’hiver à venir. 

Bien qu'El Nino ait un impact généralement plus limité sur l'est du continent, l'intensité de celui en cours risque fort d'influencer nos prochains mois. Voici donc le moment de vous révéler ce que Météo Laurentides prévoit pour l'hiver 2023-2024.

La prochaine saison hivernale devrait être marquée par des températures au-dessus des normales et des précipitations près ou sous celles-ci. Une majorité de systèmes pourrait circuler au nord de nos secteurs amenant davantage de pluie et de mélanges sur le sud de la province tandis que les plus fortes tempêtes, en deuxième moitié d’hiver, pourraient toucher la Côte Est américaine frôlant les montagnes de l’Estrie ainsi que de la Gaspésie et produisant quelques bonnes poussées d’air froid, mais de courte durée, sur le reste du Québec.

Un tel schéma climatologique pourrait engendrer des accumulations de neige inférieures à la normale pour la vallée du St-Laurent, mais près ou légèrement supérieures à celle-ci pour les Appalaches ainsi que du Saguenay vers la Côte-Nord. Par contre, chaque El Nino est unique et réserve toujours son lot de surprises. En espérant que cela soit le cas pour les amateurs de sports d'hiver. 

Bonne saison froide!

samedi 1 juillet 2023

La météo expliquée: Les feux de forêt et la qualité de l'air

À une certaine époque, l'on construisait des sanatoriums dans les Laurentides afin de guérir les tuberculeux. En effet, la qualité de l'air y était très bonne et elle faisait l'envie des malades ainsi que des touristes qui visitaient notre région. Loin des grandes villes et des industries les plus polluantes, notre havre de paix a semblé échapper aux épisodes de smog les plus importants jusqu'à maintenant. Or, il semble que les choses soient en train de changer. Dans ce nouvel article de la météo expliquée, je me propose de vous parler des «Mégafeux» ainsi que de la qualité de l'air.

Les Mégafeux

L'Australie, la Californie, la Colombe Britannique et plus récemment l'Alberta ainsi que le Québec. À chaque année, de plus en plus de régions du monde sont touchées par des feux d'une superficie et d'une intensité toujours plus grandes ainsi qu'aux comportements complexes qui les rendent plus difficiles à circonscrire. Ces feux hors normes dont l'origine est associée aux changements climatiques touchent des endroits relativement épargnés jusqu'ici. Bien qu'une définition scientifique tarde à venir sur le concept, un incendie de forêt doit avoir une vitesse de propagation très rapide, une intensité anormalement élevée, toucher des régions généralement épargnées, présenter des dégâts exceptionnels ou couvrir une surface de 1000 hectares en Europe et 10 000 hectares en Amérique afin d'être qualifié de Mégafeu. En brûlant plus longtemps et intensément, ces feux libèrent de très grandes quantités de fumée constituée de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4), d'oxyde nitreux (N2O), de fines particules inférieures à 2,5 micromètres (PM2,5) et d'autres inférieures à 10 micromètres (PM10) composées de suie, d'aérosols, de matière biologique comme des moisissures, des bactéries ou du pollen ainsi que des composés réagissant aux rayons du soleil (photochimiques) tels le monoxyde de carbone (CO), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et les oxydes d'azote (NOx) afin de former, entre autre, de l'ozone de surface (O3). Voici une image illustrant la provenance de différents polluants atmosphériques causés par l'activité humaine.

On remarque donc que la combustion du bois, résidentielle ou naturelle via les feux de forêt, est une source très importante de particules fines qui transportées par les vents touchent de larges régions souvent éloignées des villes ou viennent s'ajouter à la pollution urbaine causée par le transport routier et les industries pour former, sous l'effet du soleil, de la chaleur, de l'absence de vent ou d'une inversion thermique, le smog photochimique de couleur jaunâtre. La météo et le moment de la journée influencent donc fortement la qualité de l'air comme on le voit sur cette image.


Qualité de l'air

Il a beaucoup été question ces derniers temps de fumée et de particules fines (PM2,5). En effet, la fumée composée de suie, d'aérosols et d'autres composés chimiques constitue une source importante de particules fines très nocives pour la santé puisqu'elles pénètrent profondément dans le système respiratoire et sanguin. Nous n'avons qu'à penser à la fumée de cigarette par exemple. D'ailleurs, la composition chimique de la fumée est ce qui lui confère son odeur spécifique. Voilà pourquoi les différents types de tabac, de bois ou de plastiques dégagent des odeurs biens différentes lorsqu'ils sont brûlés. Il peut donc arriver que la fumée, le smog, certains gaz ou d'autres polluants soient inodores ou incolores. C'est donc dire que la qualité de l'air peut être très mauvaise et dangereuse pour la santé même si tout semble normal en apparence contrairement à l'épisode de smog historique observé au Québec le 25 juin 2023. Voir photo de la plage Tessier aux abords du Lac des Sables à Ste-Agathe-des-Monts (crédit photo Syntia Dubois Labelle).

De manière générale, pour qualifier l'air, 5 contaminants majeurs sont considérés pour leur dangerosité sur la santé:
  1. Les fines particules (PM2,5) ainsi que certaines particules plus volumineuses (PM10)
  2. L'ozone de surface (O3)
  3. Le dioxyde de souffre (SO2)
  4. Le dioxyde d'azote (NO2)
  5. Le monoxyde de carbone (CO)
Évidemment, d'autres composants chimiques dont les métaux lourds peuvent être très nocifs pour la santé. Toutefois, étant généralement localisés à proximité des usines productrices, ils ne sont pas monitorés de façon formelle ou continue. À l'inverse, les données recueillies par les stations d'observations concernant le type et la concentration des polluants seront fortement influencées par la proximité avec la ville ou avec une usine émettrice.

La dangerosité des différents polluants est évaluée en fonction des dommages à la santé qu'ils peuvent causer, de leur concentration ainsi que de la durée d'exposition. Les effet sur la santé peuvent aller d'une simple irritation des yeux ou des voies respiratoires au cancer. Ainsi, un seuil minimal d'exposition à ne pas dépasser dans le temps est établi pour chacun des polluants surveillés. Bien que les seuils peuvent être légèrement différents d'un état à un autre, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) suggère les seuils de concentration suivants exprimés en µg/m3 (microgramme/mètre cube d'air):


Évidemment, il peut être difficile pour le public de s'y retrouver et ainsi connaître les précautions à prendre. C'est pourquoi les différents organismes dévoués à la qualité de l'air dans les différents pays ou régions du monde ont développé leur Indice de Qualité de l'Air (IQA ou AQI en anglais). 

Au Québec et au Canada, l'indice est divisé en 3 paliers et comporte que des recommandation générales comme de limiter les activités extérieures intenses si l'on souffre de maladies chroniques lorsque la qualité de l'air est mauvaise:



Mauvais (51+)


Acceptable (26-50)



Bon (25 et moins)




L'indice est obtenu en divisant la concentration par la valeur de référence (seuil minimal de dangerosité) multiplié par 50. Par exemple:

Sous-indice PM2,5 = (51 µg/m3 / 35 µg/m3) X 50 = 73 (Mauvais)

En France, l'indice ATMO comporte 6 niveaux et les seuils sont alignés sur ceux choisis par l'Agence européenne pour la santé.


Aux États-Unis, le Air Quality Index (AQI-US) est aussi divisé en 6 paliers, mais fourni des recommandations plus spécifiques sur les précautions à prendre:



Le calcul de l'indice de qualité de l'air américain en fonction des concentrations des 5 principaux polluants est très complexe et il est préférable d'utiliser un outil pour le calculer. Il s'exprime toute de même de la manière suivante:

Dans les trois cas, l'indice correspond toujours à la valeur la plus élevée des sous-indices pour chaque polluant.


Exemple de calcul

Sous-indice O3 = (90 ppb / 82 ppb) X 50 = 55
Sous-indice PM2,5 = (51 µg/m3 / 35 µg/m3) X 50 = 73
Sous-indice SO2 = (49 ppb / 200 ppb) X 50 = 12
L’indice de la qualité de l’air correspond au plus élevé des sous-indices : IQA = 73


Prévisions et cartes sur la qualité de l'air

Afin de mettre en garde et conseiller le public des Laurentides en lien avec la qualité de l'air et la présence de smog puisque les épisodes s'annoncent de plus en plus nombreux, Météo Laurentides publiera désormais des mises en garde de smog et des cartes sur la qualité de l'air lorsque celle-ci constituera un risque pour l'ensemble de la population (niveau 4 - Malsain pour tous). Toutefois, les autres types de mises en garde seront privilégiés avant ceux sur la qualité de l'air puisque dans tous les cas, comme pour l'utilisation de la crème solaire pour se protéger du soleil, le port d'un masque N95 permet, selon l'OMS, de vaquer à ses obligations extérieures de courte durée sans trop de risque puisque ce type de masque bloque notamment les fines particules (PM2,5). 

L'échelle proposée par Météo Laurentides pour qualifier l'air est un hybride des 3 échelles préalablement discutées avec une prédominance pour celle américaine. Le seuil de mise en garde pour les particules fines (polluant souvent le plus présent et nocif dans les Laurentides en raison de la combustion du bois) est de 35 µg/m3 sur une moyenne de 3 heures comme au Québec et/ou de 75 µg/m3 sur 24 heures tel que préconisé par l'OMS. 6 niveaux sont utilisés pour décrire la qualité de l'air et offrir des recommandations afin de se protéger comme l'échelle américaine. Finalement, le verbatim et les couleurs de l'indice s'approcheront de l'Indice ATMO.



 








Évidemment, il est souhaité que les Laurentides ne soient jamais frappées par des incendies de l'ampleur de ceux observés au Québec cet été. Quand on pense que le Québec est l'endroit au monde cette semaine où le plus grand nombre de feux et leur intensité sont remarqués, cela n'a rien de rassurant pour la suite des choses.


dimanche 28 mai 2023

Prévision estivale 2023

Alors que nous connaissons nos journées les plus belles et les plus chaudes de ce printemps, voici le temps de vous révéler ce que nous réservent les mois de juin, juillet et août 2023 qui constituent habituellement l'été météorologique.

D'emblée, il faut savoir que les prévisions saisonnières constituent un aperçu hautement variable. De plus, nous savons que l'été présente un défi additionnel puisqu'il est fréquent d'observer dans une même journée du soleil ainsi que des précipitations souvent sous forme d'orages. Ainsi, pour apprécier la chose, il ne faut pas s'arrêter nécessairement à ce qu'il fera, mais également à ce qu'il ne fera pas et regarder la fréquence des événements convectifs.

Ce que nous voulons éviter l'été, c'est d'observer une anomalie de températures indiquant du temps plus froid et des précipitations au-dessus de la normale. Ce genre de scénario nous vaudrait un été qu'on pourrait qualifier de moche. Heureusement, ce n'est pas ce qui se dessine. De manière générale, on peut plutôt s'attendre à des températures et des précipitations près ou légèrement au-dessus de la normale. Cela voudrait dire un été normal avec son lot de soleil, de chaleur et d'orages. Bref, un bel été!

Si l'on s'avance avec prudence à détailler un peu plus ce qui pourrait se produire, il est possible que nous connaissions un plus grand nombre de journées où l'humidex serait important. Avec des conditions changeantes entre du temps plus chaud et humide ainsi que plus frais et sec, l'activité orageuse pourrait être légèrement plus importante que la normale en terme de fréquence, mais surtout de violence. Bien que ce phénomène soit observé depuis quelques années avec les changements climatiques, il est statistiquement peu probable que nous connaissions une saison aussi active que l'année dernière qui nous avait amené un derecho au mois de mai ainsi que de nombreuses tornades dont celle de force EF2 de St-Adolphe. Il serait également probable, dans ce contexte, de voir un nombre limité de longues canicules pouvant provoquer des sécheresses.

Finalement, en raison d'un été chaud et sec sur l'ouest du pays favorisant de nombreux feux de forêts comme on observe déjà, les épisodes de smog causés par les particules de fumée pourrait être plus fréquents et importants puisque la circulation générale des vents pourrait entrainer celles-ci jusque sur l'est du continent.

Bon été!

lundi 27 mars 2023

Top 3 et prochains mois

À moins d'une surprise d'ici la toute fin de la saison, l'hiver 2022-2023 passera à l'histoire comme étant le troisième hiver le plus neigeux des 23 dernières années, et possiblement davantage, pour l'ensemble des Laurentides. En effet, avec 368 cm reçus à Ste-Agathe à ce jour, cet hiver se classe derrière 2007-2008 avec 450 cm et 2018-2019 avec 414 cm selon les données recueillies par Météo Laurentides depuis l'an 2000 à Ste-Agathe-des-Monts. Toutefois, en terme d'accumulation maximale de neige observée au sol, l'hiver aura coté quatrième avec 128 cm au sol au début mars comparativement à 162 cm, 148 cm et 132 cm mesurés respectivement en mars 2019, 2008 et 2016. On se souviendra également longtemps de la nouvelle tempête du présent siècle avec 80 à 100 cm reçus du 23 et 25 décembre 2022. Tempête qui a également généré une des plus basse pression mesurée au Québec à 96,5 mb ainsi que des vents en rafales de 80 à 100 km/h. Pas surprenant avec ces chiffres que l'hiver s'étirera un peu le temps de faire fondre toute cette neige. Justement, en s'étirant le cou, que nous réservent les prochains mois.

Bien que le début ou la première quinzaine d'avril pourrait être sous la normale et nous amener encore de la neige et des précipitations hivernales, l'ensemble des mois d'avril, de mai et de juin qui constituent les principaux mois du printemps devrait nous valoir des températures et des précipitations légèrement au-dessus de la normale. Par conséquent, plus la fonte sera retardée et rapide, plus les risques d'inondations seront importants cette année principalement aussi en raison de l'important couvert de neige. Il serait donc sage si vous  demeurez près d'une rivière de prévoir une crue plus imposante que ce à quoi vous êtes habitué. Le même phénomène pourrait se produire en plusieurs endroits au Québec cette année. 

Bon printemps!

mardi 15 novembre 2022

Prévision hivernale 2022-2023

 

Alors que s'installe subitement le temps froid en cet automne exceptionnellement beau et chaud, voici le temps de vous partager ce que Météo Laurentides prévoit pour l'hiver 2022-2023.

Fait excessivement rare, notre hiver sera marqué par la présence de La Nina dans le Pacifique Est pour une troisième année consécutive. Jamais de l'ère moderne ce phénomène n'a été observé quatre hivers consécutifs. Vous pouvez lire une description de ce qu'est La Nina dans un article précédent en cliquant ici. Si les deux derniers hivers ne se sont pas avérés très caractériels de ce phénomène et qu'ils ne sont pas passés à l'histoire, l'hiver à venir pourrait avoir une signature plus typique d'un hiver La Nina.

En effet, plusieurs données climatiques pointent vers le fait que nous pourrions connaître des températures près ou légèrement au-dessus de la normale ainsi que des précipitations au-dessus de la normale. La résultante est que nous devrions cumuler plus de neige que la normale ou tout au moins, plus de neige que les derniers hivers.

De façon plus spécifique, si la perspective d'un Noël blanc est excellente, les quantités de neige au sol à ce moment pourraient être normales ou légèrement en dessous de celles-ci. C'est par la suite que l'hiver pourrait nous sembler plus rigoureux à la faveur d'un plus grand nombre de systèmes ou de tempêtes touchant nos régions. Les températures légèrement au-dessus des normales pourraient ne pas être provoquées par des systèmes circulant au nord de nos secteurs nous amenant des précipitations mixtes, mais bien par des nuits plus nuageuses et des précipitations plus fréquentes à la faveur de systèmes effleurant le sud-ouest de la province par l'ouest ou le sud. Ainsi, on peut s'attendre à un nombre plus limité de systèmes nous amenant de la pluie verglaçante ou de la pluie ainsi que de longs épisodes de douceur. L'absence de fréquents redoux pourrait favoriser une belle qualité de neige pour les sports d'hiver et contribuer à maintenir un couvert de neige au sol important au printemps.

Comme toujours, il faut considérer les prévisions à très long terme avec un certain scepticisme puisque de petites variations pourraient engendrer de grands changements dans la trajectoire moyenne des systèmes. Toutefois, cette prévision semble afficher une assez bonne chance de se matérialiser particulièrement pour l'ouest et l'est de la province, mais avec un certain bémol pour le centre et les régions comprises dans le triangle Montréal, Trois-Rivières et Sherbrooke.

Bon hiver!

vendredi 23 septembre 2022

La météo expliquée: Le changement de couleur des feuilles

Il est indéniable qu'un des plus beaux attraits de l'automne est les paysages orangés qu'il nous est possible d'observer avec l'arrivée de cette saison. Mais qu'elle est le rôle de la météo sur cette magnifique transformation de la nature? Dans ce nouvel article de la météo expliquée, je me propose de vous partager en quoi la météo a un impact sur l'amorce de ce changement de couleurs ainsi que sur la qualité ou la flamboyance des couleurs des feuilles.

Contrairement à la croyance populaire, la météo a très peu à voir avec le changement de couleurs des feuilles. En effet, la température ou le gel n'amorce pas le fait que les feuilles passent du vert à l'orangé. La preuve en est que les feuilles commencent à changer de couleur parfois bien avant les premiers gels. Non, si la météo a quelque chose à voir avec la belle saison proprement dit, c'est sur la durée du spectacle. L'absence de gel hâtif, l'absence de grands vents ou encore de pluie au climax de la coloration nous permettra souvent de profiter d'une petite semaine additionnelle de la beauté des paysages.

En réalité, c'est la diminution de la luminosité créée par la rotation de la terre autour du soleil qui engendre le fait que la feuille cesse de produire de la chlorophylle pour exposer ses autres pigments comme les xanthophylles (jaunes) et les carotènes (orangés). La présence de plusieurs journées très nuageuses ou très ensoleillées en première moitié de septembre peut parfois influencer très légèrement le moment exact du début de la transformation.

Bien que la météo a moins à voir avec le changement de couleur des arbres que l'inclinaison de la terre par rapport au soleil, elle a tout de même son impact sur la durée du phénomène, mais surtout sur la qualité de celui-ci car c'est au cours de l'été que les feuilles emmagasineront les xanthophylles et les carotènes qui eux seront fortement influencées par les conditions de sécheresses estivales.


dimanche 12 juin 2022

La météo expliquée: Le Derecho

Le 21 mai dernier, tout le nord du fleuve incluant les Laurentides était frappé par de violents orages. C'est alors que le terme «derecho» est venu s'ajouter à des termes davantage connus comme orage violent, microrafale et tornade. Mais qu'est-ce qu'un derecho? Dans ce nouvelle article de la météo expliquée, je me propose de vous expliquer brièvement ce qu'est un derecho, phénomène plutôt rare au Québec qui nécessite de remonter à  la nuit du 4 au 5 juillet 1999 pour en observer un sur notre territoire.

Le terme «derecho» provient de l'espagnol et signifie «tout droit» ou «rectiligne» et résume très bien ce phénomène. En effet, un derecho est en fait une ligne d'orages violents de plus ou moins 300 km associée à une convection profonde (importante) et qui se déplace rapidement d'ouest en est sur une distance pouvant dépasser 1000 km. Lors de l'événement du 21 mai 2022, la chaleur et l'humidité en place sur le sud de l'Ontario et du Québec a permis à ce derecho de se former sur la Péninsule Ontarienne le matin et de se déplacer jusqu'à la ville de Québec en soirée. Trois tornades et dix décès ont été répertoriées lors de cet événement.



Plus près de nous, dans les Laurentides, ce phénomène a été marqué par de puissants vents qui ont endommagé de nombreux arbres et provoqué de longues pannes de courant. Lors d'un derecho, un front de rafale se déplaçant à plus de 100 km/h se forme généralement et frappe sévèrement les régions qu'il traverse.


Chacun des orages composant la ligne d'orages (ou ligne de grain) créera de forts courants descendant en rabattant au niveau du sol l'air froid se trouvant en altitude (goutte froide). Comme un objet qui tombe, un choque se produit au point d'impact créant ainsi de fortes rafales de vents pouvant dépasser les 120 km/h.


Contrairement à une tornade dont les vents tourbillonnant proviendront de différentes directions, les microrafales qui ont déferlées sur les Laurentides avaient une direction relativement similaire observable par la façon dont les arbres ont été cassés ou déracinés dans un même secteur. 

Tel que spécifié en introduction, un derecho est un phénomène plutôt rare au Québec . Pour preuve, voici la fréquence des derechos observés par année en Amérique du nord.


Ainsi, le risque de connaître un événement d'une telle étendue dans les prochaines années semble peu probable. Toutefois, avec les changements climatiques, Dame Nature pourrait en surprendre plus d'un.

Source Wikipédia

samedi 14 mai 2022

Prévision estivale 2022


En cette période de beau temps et de températures exceptionnellement chaudes, voici le temps de vous révéler ce que Météo Laurentides anticipe pour l'été 2022.

Selon les données climatologiques actuelles, il semble que nous connaitrons des températures au-dessus de la normale et des précipitations près ou légèrement au-dessus de celle-ci. Par conséquent, on peut s'attendre encore une fois à un bel été avec plusieurs canicules et son lot habituelle de journées pluvieuses ou orageuses. Du temps relativement humide marqué par un inconfort important lié au facteur humidex ainsi des orages potentiellement plus violents seront à surveiller.

Comme à chaque fois, il est bien de préciser que les prévisions à long terme sont à consulter avec prudence.

Bon été!